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Ce blog est un pêle-mêle , d'anecdotes de voyages , de coups de gueule , de coups de coeur ...

Enfin de tout ce qui a pu me toucher et pourrait vous ouvrir une fenêtre sur mon univers .

dimanche 7 février 2010

Dimanche poétique # 1 : Longe de tudo


Mon premier dimanche en poésie je l'accorde à mon ami et même plus, Paulo, inconnu des Grandes Lettres, mais poète moderne, dont les mots sonnent si juste à mon oreille.
Je ne connais pas le titre, et le texte est probablement incomplet, mais je ne désespère pas de posséder un jour l'intégralité de son oeuvre.
Il ne vous manquera que sa voix et c'est déjà énorme. La traduction sera en commentaire du post.





Todos os dias tento encontrar o meu caminho
mas eu so sei cantar e quebrar corações
eu ja perdi a noção de quantos sonhos ficaram pra tras
tanto faz
o que eu preciso esta aqui dentro de mim
longe de tudo...

Pow

jeudi 4 février 2010

Chroniques Bellevilloises: 3.


" Blagues du jour "

Les élèves nous surprennent toujours, ils sont là où on ne les attend pas.
Quelques exemples de ces petites merveilles qui nous tirent des fous-rire à chaque fois:

Ce matin on fait le point sur le vocabulaire de la leçon précédente, je leur demande d'expliquer certains termes assez simples et je vois qu'ils n'ont pas vraiment imprimé.
J'en arrive à :
- "aider" c'est quoi?
et hop! du tact au tac, Mr Lin qui répond:
- "aider c'est coup de main!".
Bah voilà, je ne l'aurais pas mieux dit, remballe ton explication, ils ont un train d'avance ma grande.

13h 45, on fait l'inventaire du vocabulaire de la cuisine. La différence entre une poêle et une casserole ça saute pas aux yeux, nous v'là partis à les départager par ce qu'on fait cuire dedans. Ils commencent alors l'énumération des types de viande qu'ils connaissent:
- poulet, boeuf, canard, cochon, TOMATES...
Ah non, raté ce coup-ci Madame...

Dans la classe de 15h on fait aussi de l'alphabétisation, (ils apprennent à lire et à écrire).
Aujourd'hui on leur demande des mots dans lesquels on entend certains sons.
- [da]  réponses: madame, d'accord, "DARTY!" ...
- [do]  réponses: dormir, cadeau,  " rapido!"
(le rapido c'est le mini loto auquel on joue dans les bars...il n'y a donc que les messieurs qui ont pu en rire...)

- [de] : ... gros silence, on leur souffle "dehors", personne comprend, on explique, et une des dames s'excite sur sa chaise, elle a compris, elle regarde ses collègues et leur dit:
-  c'est comme "dégage! dégage! ", gestes à l'appui ....
et...oui, ma foi c'est bien une des explications, dès que le fou rire s'arrête on vous promet de mieux s'expliquer.

Voilà, demain j'ai encore toute une série de ce type à présenter, avec les [t] cette fois, on l'a préparée avec Jérôme, et c'est pas du gâteau.
Déjà, le problème lors de la phase de préparation de la liste, c'est qu'il n'y a que les mots à la con qui nous viennent à l'esprit (essayez 2 secondes avec le son [tain] et vous verrez tout de suite ce que je veux dire...), et puis après il faut pas oublier que l'on va devoir expliquer chacun de ces mots, les dessiner ou les mimer parfois...
Alors je m'entraîne, ce soir j'ai appris à faire le croquis d'un marteau (j'avais déjà échoué lors du cours sur le bricolage, alors pas question de se coller la honte deux fois)...

Amis lecteurs, bien le bonsoir.

mardi 26 janvier 2010

Chroniques Bellevilloises: 2.


" Vous voulez du zus? " suite et fin

Le groupe de 10h45 est complètement à l'opposé de la classe que j'ai pu décrire il y a quelques jours.
C'est un cas exceptionnel dans l'asso. Ce sont les rares personnes qui continuent de venir après avoir obtenu le dîplome du DILF. Ils cherchent vraiment à s'intégrer à la population française en apprenant à communiquer, c'est pourquoi ils sont très participatifs. La dynamique avec cette classe est unique.

Mr Lin (prénom Dinzeng, ou quelque chose comme ça, Lin est le deuxième nom le plus répandu avec Chen):
Il bégaye beaucoup, parle TRES fort et en même temps que tout le monde, il ne peut pas s'empêcher de blablater ou de lire à haute voix. Parler c'est plus fort que lui. Il répond toujours, même n'importe quoi.
Il adore plaisanter, c'est un moulin à blagues et à jeux de mots formés à partir de ce que je dis.
Il finit souvent par embrouiller les autres à force de raconter des conneries, ça fait rire toute la classe, moi la première.

Mr Chen:
C'est un peu mon chouchou (il y en a toujours un, c'est comme ça on n'y peut rien). Il est très beau, très délicat, très timide. C'est le plus doué de la classe. Jamais un mot plus haut que les autres.
Il stresse quand il prend la parole parcequ'il déteste intervenir sans être sûr de ne pas se tromper.
Alors il a un tic de langage, il produit une sorte de claquement avec sa bouche, comme un bruit de succion, difficile à décrire comme ça. Enfin toujours est-il que plus le stress est fort plus le nombre de tics augmente, et il devient vite incompréhensible.
 Mr Chen c'est la raideur même, surtout quand il marche, les bras bien serrés le long de son corps.
C'est aussi le petit préféré d'un autre élève, le plus rigolo de tous: Mr Soutat.

Mr Soutat:
Taïlandais qui doit approcher la quarantaine d'années, il détonne complètement dans le décor. Coiffure stylée, lissée à droite, en brosse à gauche, grosses bagouses aux doigts, sac à main de donzelle.
Très tactile, très homo Mr Soutat. Mais avant tout très gentil.
Il est coiffeur esthéticien (ça se dit?).
C'est un ancien élève de l'asso qui était parti à cause des réflexions que lui faisaient les chinois, qui acceptaient mal son excentricité.
Aujourd'hui il est bien intégré à la classe, les autres s'en foutent royalement.
Sauf qu'il est toujours collé à Mr Chen, quand ses collègues observent systématiquement une distance respective entre eux.
Toutes les occasions sont propices au contact physique, je dis bonjour et je te tapote le flanc, je lis ce que tu viens d'écrire en te pressant le bras, j'attrape un stylo et hop je suis penché contre toi...
Mais Mr Chen reste stoïque, il ne moufte pas ni ne s'agace.

Le duo d'inséparables, Mr Du et Mr Chen (l'autre Mr Chen), je ne les ai pas encore bien cernés, ils sont plus discrets. J'aime bien embêter Mr Du en l'envoyant au tableau, comme il a des petits soucis avec l'écriture à chaque fois il râle de bon coeur mais s'accomplit en rigolant de sa nullité.

Il y a deux femmes également, dont une jeune demoiselle (bien que mariée) qu'on pourrait présenter à juste titre comme: "la fouteuse de merde". D'ailleurs mon collègue Gérôme ne l'accepte plus dans ses cours...

Ainsi nommée, Shaofang:
C'est la plus jeune de mes élèves, à peine la vingtaine je pense.
Attitude d'ado niaiseuse, glousseuse à temps plein. Sans arrêt la bouche ouverte sauf quand il s'agit de répondre à la question que je lui pose. Sa tête disparait alors dans le col de son pull, à l'abri duquel elle ricane dans un faux accès de timidité.
Elle prend beaucoup de place car il faut qu'elle soit au centre de toutes les attentions.
Comme elle déteste ne pas être la meilleure, il lui faudrait dans l'idéal, un prof particulier et un harem d'ignorants prêts à admirer benoitement sa supériorité intellectuelle, car évidemment elle est très douée.
Si Gérôme ne l'avait pas éjectée de son groupe, elle serait restée 2 ans de plus à briller sans complexe parmi les grands-débutants.
Heureusement elle a trouvé plus grande-gueule qu'elle, et les élans de Mr Lin ont vite fait de la reléguer au second plan du point de vue des décibels... héhéhé.
Sa soeur, ou celle de son mari, quelque chose dans le genre, travaille dans l'asso, autant dire que désormais c'est son territoire, et elle fait comme chez elle. D'ailleurs elle est dans nos pattes à toute heure de la journée, se mêlant de tout, ricanant sans cesse.
Je n'ai rien contre elle, elle m'amuse plus qu'elle ne m'agace, mais elle finit par me fatiguer à jouer les midinettes. Gentille et saoûlante la demoiselle Shaofang.

Bientôt j'aurai une classe supplémentaire, je n'ai pas encore décidé laquelle, pour le moment j'observe avant de faire mon choix.

Et voili voilou, vous savez un peu maintenant à qui j'ai affaire de bon matin.
Ce que je peux vous assurer c'est que je pars de bonne humeur au boulot (et pourtant le réveil est tous les jours aussi dur) et que je termine invariablement ma journée épuisée, et le sourire aux lèvres.

samedi 23 janvier 2010

Chroniques Bellevilloises: 2.


" Vous voulez du zus? " première partie

Je cottoie depuis trois semaines maintenant la communauté chinoise parisienne, et je voulais brosser un petit portrait de ces élèves qui participent à la couleur de mon quotidien.
L'asso où je bosse travaille principalement avec des chinois, mais avec un public asiatique au sens plus large, et le quartier, à mi-chemin entre Belleville et Ménilmontant, est le fief depuis le XXème siècle de la diaspora chinoise.
Quartier populaire depuis toujours, il a d'abord connu le débarquement des ouvriers maghrebins avant d'être suivi rapidement par des vagues d'émigrés en provenance de Chine.
Le canard laqué a pris le relais des merguez, la plupart des commerces sont tenus par des asiatiques, seuls les cafés et quelques librairies restent le domaine des nord-africains.
Je vous passe l'historique, voilà le dessin actuel.



Je tiens pour le moment 2 classes.
Le groupe de 9h est instable encore, on ne sait jamais qui sera là. Alors au lieu d'être 7 au grand complet, on n'est jamais plus de 3 (4 avec moi). Ils alternent, ça me facilite pas le boulot croyez-moi.

Mme Chen (Xiuli de son prénom, s'appeler Chen c'est comme s'appeler Durand):
C'est la plus ancienne, 36 ans, mère au foyer avec deux enfants, en France depuis déjà 10 ans. C'est une petite dame rigolote, discrète et de bonne humeur.
Quand je vérifie si elle a bien compris, elle me fait sa réponse type, systématique.
_ " C'est bon Mme Chen? "
_ " Oui, c'est bon, c'est bon. Mais demain c'est pas bon, c'est oublié, tout mélanzé. " Et elle se marre, moi aussi.

Mme Tserenbaljir Myagmarsuren (imprononçable, je m'entraîne encore):
Je ne sais même pas quel est le prénom ou le nom, on va dire Mme Tse. 35 ans, pharmacienne,originaire d'Oulan Bator (Mongolie), mariée à un français, elle a beaucoup voyagé en Europe, habité aux Pays Bas avant d'atterir en France. C'est une belle femme, très studieuse, très calme et surtout timide. Elle ne parle que lorsqu'elle est sure de la réponse, sinon elle ne décolle pas le nez de son cahier de peur que je m'adresse à elle, ce qui arrive inévitablement assez souvent vu l'effectif du groupe et m'oblige à me planter devant elle en répétant "Madame, madame s'il vous plait" si je veux obtenir un son.

(la suite plus tard)

mercredi 13 janvier 2010

Chroniques Bellevilloises: 1.


Lendemain d'une première nuit



Je triche un peu, ça m'est égal. Belleville sonne plus doux à mon imaginaire que ce sacré Voltaire.

Comment se faire accepter d'un lieu?
Comment le pénétrer sans se faire rejeter, écarter le sentiment d'être un intrus pour mieux l'apprivoiser?

Se faire à manger.
Surtout pas d'étalage d'affaires, quelle intrusion violente, ce serait un manque de tact.

Ce n'est pas une appropriation du territoire. Au lieu de celà on se montre conciliant, prêt à y accomplir ses besoins primaires, manger, dormir.

Première sensation de volupté, le moelleux sans fond du grand lit.

Et petit à petit ma présence en ce lieu prend son sens. Je me sens déjà chez moi.

vendredi 24 juillet 2009

On the road again, again...


Nostalgie de la route?
Deux jours en camion avec le paternel dans le sud de la France, l'envie de parcourir des kms m'avait repris, et l'occasion de partager un peu du temps del padre que je ne vois plus que par éclipses était tentante pour s'échapper de la neurasthénie roannaise.
Pour le simple plaisir de transporter son corps, sans réel intérêt pour la destination. Ce que j'aime réside dans le loisir que celà me laisse de penser, rêver, relâcher la bride de la pensée qui  chemine seule, vagabonde, fait des pirouettes inattendues, et me surprend parfois dans un instant de lucidité "Comment j'en suis venue à penser à des trucs pareils?".
Les trajets en ville sont toujours frustrants, ils me donnent à peine le temps de mettre en marche la ballade introspective. Alors il m'arrive souvent de souhaiter silencieusement une déviation surprise, un égarement momentané, juste pour prolonger un peu ce plaisir (si mon père savait ça il m'aurait maudite aujourd'hui d'avoir souhaiter l'heure et demi supplémentaire qu'il s'est tapé avec son 11 tonnes à tourner sur une petite route de campagne losrqu'on était qux alentours de Tarare... j'ai pas moufté un mot..). Et oui, pour certains c'est une perte de temps, pour moi un rab de rêverie.
Une autre alternative que les prières muettes au dieu des itinéraires secondaires consiste à se faire conduire par mon frère. Il se paume régulièrement, sans non plus trop s'éloigner réellement, mais il n'est pas rare avec lui de se rendre à Lyon en passant par St Etienne (quand on vient de Roanne, les initiés le comprendront, c'est pas ce qu'on a vu de plus direct..), et de passer par Villefranche au retour.
Et pourtant cette étourderie n'est pas faute d'une discussion animée qui détournerait l'attention (d'ailleurs même tout seul il se plante), non, et c'est la deuxième raison pour laquelle j'apprécie sa compagnie, ce silence qui règne entre nous dans la voiture. Mon frère se tait, non par manque de conversation (de toute façon je pourrai facilement la faire pour deux), mais parceque lui aussi aime bien ce parcours intérieur.
Nous savons tous les deux que ce silence est léger, qu'il ne s'agit pas d'un vide qu'il serait bienséant de combler ( la peur de certaines personnes que ce calme soit le signe d'un malaise). Il existe autant de silences que d'intonations de voix, il suffit de savoir les sentir pour les reconnaître, les apprécier, ou les craindre. Complicité fraternelle? Peut-être.
Pour en revenir à ce "voyage" père-fille, le camion a lui aussi ses charmes particuliers, la hauteur et la puissance lourde; A deux mètres du sol l'esprit n'est pas embourbé dans les calamités du trafic automobile, je ne ressens pas le moindre intérêt de rester attentive aux imprudences des autres, de toute façon, s'il y en a un qui fait le con, c'est pas nous qu'on aura mal (comme on dirait par chez moi). Soit dit en passant, c'est quand même fou le nombre de gens qui ont l'air de ne pas tenir à la vie pour débouler sous le nez d'un 11 tonnes sans complexe dans leur bagnole minuscule...
Les autres, il faut dire qu'ils sont pas non plus très nombreux à 4h du matin... A 7h pas mieux d'ailleurs, quel bonheur les périodes de vacances en France, on traverse des villages sans vie, on pourrait presque croire le pays inhabité (la France sans les français? hum, furtive image d'une paix utopique..^-^).
Le soir vient satisfaire ma passion pour l'observation des rites tribalistiques, et j'avoue que le monde des routiers en fournit son lot, et pas avec le dos de la cuillère. Héhé, un vrai plaisir que de savourer ces dialogues hautement profonds, dans une langue si délicate. Le jargon routier.... ça leur ferait surement dresser les poils sur les bras (et oui les cheveux sur la tête sont plutot rares dans ce milieu, c'est pas dans l'esthétique du groupe les cheveux, c'est pas "in"), mais leur manière de parler me rappelle dans son genre celle des banlieues dans l'intonation.. "tu vois quoi!". J'adore! Et puis ils nous sortent de ces perles au niveau syntaxique, c'est délicieux pour mon vilain penchant de linguiste de constater la créativité des français quand il s'agit de pratiquer leur langue maternelle. Je dis ça sans méchanceté ni mépris aucun, bien sûr, mais pas sans un sourire en coin quand j'y repense (niark niark, bah oui, je suis pas snob mais je reste moqueuse, vous me changerez pas comme ça).
La route donc. Mais j'aime bien quand on parle aussi, j'adore même; C'est juste qu'il y a des temps pour tout, et la bavarde que je suis aime altérer ces moments là.
Ce sujet vient un peu comme une introduction à mon probable prochain post (j'y pense, je le sens qui pointe son nez, les mots ne vont pas tarder à se poser dessus), à propos de ce mois Mexique-USA, la route en faisait partie intégrante, et avec elle la notion et l'approche du temps, ce sentiment si relatif qui paramètre l'état d'esprit dans lequel on vit un voyage il me semble.
Peut-être même que c'est ce concept qui guidera le récit "Brésil-France, le retour", par la transition qui n'a été possible que par ce passage en Amérique du Nord, le temps d'acceptation et de recul qu'il m'a permis de saisir pour adoucir l'amertume qui me brûlait les tripes en juin au sortir de l'avion. Suivre le fil.
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Picture: Madame_Nuage_Et_Monsier_Camion_by_kavsikuzah

vendredi 5 juin 2009

L'orgueil du fou

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Je ne sais déjà plus si ça s'est passé il y a deux ou trois semaines, le temps est une notion qui m'échappe totalement et dont je ne cherche plus à prendre conscience.

Je me souviens simplement que j'étais à Brotas dans l'appartement de Renata, que la veille nous avions passé une super soirée, resto en paire, Zoé et Pierrot, Pow et moi de l'autre côté de la table, mode bisounours, mamours et bisous, niaiseries et compagnie...
On a squatté le wiskrytorio jusqu'à point d'heure malgré les avertissements du patron: on ferme à minuit, hein, vous le savez.

De retour à la maison, un peu pétés (l'apéro durait depuis 4h de l'aprèm avec Pierrot..), toujours aussi trisos, on s'est fini à la verveine-maison des parents de Zoé, véritable luxe gustatif quand on est habitué au breuvage immonde qu'ici ils appellent vin.

Après avoir bien exploré le fond de notre connerie, jusqu'à la mettre sur vidéo, glissement entre les draps, petit coup d'oeil sur le réveil, 4h du matin! Pow doit partir bosser dans une heure...
super... la "nuit" ne va pas se terminer comme on l'aurait imaginer.
Et vu que nous ne sommes pas des personnes raisonnables évidemment il est sorti en retard, sans avoir même fermé un oeil.

J'ai eu l'espoir un bref instant que je pourrais dormir un peu, mais à peine une demi-heure après qu'il ait quitté l'appart, Renata était déjà debout à faire le ménage, les oiseaux s'y mettaient tous en coeur, le soleil qui était aux abonnés absents depuis des jours et des jours était également de la partie, et moi, la bouche pateuse, le cerveau vrillé, j'avais la désagréable sensation de vivre un mauvais remix de Blanche-Neige....

Histoire d'achever mes illusions sur la possibilité d'un utopique sommeil réparateur, Zoé débarque à son tour dans le salon sur le pied de guerre: Chloé tu viens avec nous à la parade?
Ouai, vous y allez quand? Bah, maintenant en fait...
D'accord, il est 8h30, j'ai une nuit blanche bien arrosée dans les pattes et je dois trouver la motivation et l'énergie suffisante pour aller piétiner dans la rue avec les autres. Soit.

J'avale deux énormes tasses d'un coktail vitamine préparé par Renata, lait, avoine, banane moulinés, et c'est parti. J'oublie donc au passage l'étape douche et enfiler un maillot de bain.
Sur le chemin pour rejoindre l'arrèt de bus le soleil cogne sévère et je sens que quelque chose cloche, jambes qui tremblent sur le point de me lâcher, sueurs froides, je suis vraiment pas bien. C'est bon, j'ai compris, Chloé tu es la seule abrutie qui s'enfile un demi litre d'une boisson dont tu ne digères pas le principal ingrédient: le lait.

J'ai vraiment cru que j'allais prendre un malaise une fois dans le bus, debout dans la chaleur suffoquante, une envie de vomir au bout des lèvres et mes forces qui me quittaient petit à petit, je prenais sur moi avec toute la concentration dont j'étais capable pour ne pas m'effondrer ni poser un pâté de bienvenue aux pieds des passagers. Les trois autres ont bien compris que j'étais pas bien du tout, apparemment j'étais d'une paleur maladive assez équivoque. Heureusement pour moi, une place s'est libéré assez rapidement et j'ai pu récupérer un peu.
Etait-ce ce jour-là qu'un colporteur de yoyos nous a fait un show incroyable, au point que presque tous les passagers lui ont acheté une bricole? Sais plus.

Une fois à Barra la parade était sur le point de partir, et l'on s'est joint à elle.
Il s'agissait de la deuxième manifestation de "l'orgulho louco", un mouvement de lutte contre l'internement en hôpital psychiatrique des malades qui n'ont pas besoin de cette prise en charge qui les exclut injustement de la société. Enfin c'est ce que j'ai compris, parceque la dame dans le micro et bien c'était pas très distinct ce qu'elle racontait...

Etaient donc réunis pour protester les "fous" en tout genre, toute personne ayant un ptit soucis mental, des handicapés en passant par des malades de toute sorte, jusqu'aux drogués et alcooliques. Mais aussi les structures d'encadrement de ces personnes, dont le Caps, centre d'accueil pour drogués dans lequel Zoé fait son stage et Renata officie comme infirmière spécialisée.




"Que diriez-vous d'être fou pour un jour?"
Un groupe bien déjanté jouait perché sur le Trio Electrico, la procession s'est mis en marche.
Le temps était aussi dans le climat du jour, fou, alternant des pluies battantes avec un soleil de plomb, laissant à peine le vent nous sécher que de nouveau les gouttes déferlaient.
Pendant le cheminement le long de la plage j'ai voyagé dans l'observation des brusques et radicaux changements d'aspect de l'océan, virant du gris sans fin qui confond mer et ciel au bleu soudain limpide des eaux qui retrouvent toute leur beauté tropicale sous le soleil sauvage.

Arrivés au phare, Marisa Monte a donné un show superbe de samba, puis les groupes se sont disloqués, chacun est rentré chez soi, d'autres (dont nous) se sont rendus au petit marché artisanal tenu par les associations, qui vendaient les produits fabriqués par les patients.
On a mangé avec eux sur la petite place, plusieurs patients du Caps ont reconnu Zoé et sont venus se joindre à nous, ou bien est-ce nous qui étions mélés à eux, tout dépend du point de vue.
Toujours est-il que le groupe formé alors était bien particulier, entre les drogués, les alcoolos jeunes et moins jeunes, et les hippies défoncés qui chantaient autour de Zoé qui avait pris la guitare, les discussions loufoques autour de verres de vodka pure (on n'y a pas touché je précise).
On est restés un bon moment avec eux avant de prendre le chemin du retour.

Une journée bien folle que finalement je ne parviens pas à décrire.
Je me disais que ça ferait dresser les cheveux sur la tête de pas mal de gens que je fréquente de me voir en cette curieuse compagnie.....
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PS: Ça vaut le coup de jeter un coup d'oeil en grand sur la photo...il y a des détails amusants..